La Maison de la Paix : où pourrait-elle se situer ?

En faisant des recherches dans les actes de vente des notaires, il apparaît que la « Maison de la Paix » ne serait pas celle que l’on croit...

Dans la revue de Bretagne et de Vendée, en 1863, Charles-Léon Thenaisie fils, écrivait : « La maison, où fut signé le traité de paix, devint, en 1815, le théâtre … Cette maison appartenait alors à mon grand-père, qui y demeurait avec sa femme et son fils, depuis 1812. » date à laquelle ils achètent cette maison aux héritiers de Guillaume-René Macé. Il ajoute, en note : « Le traité a été signé à Montfaucon, dans la maison où je suis né. En cette circonstance, toutes les plaques en fonte des foyers du rez-de-chaussée furent brisées par des furieux, dont la colère se manifestait en lançant de toute leur force des bûches dans les cheminées, où, attendu la saison, on avait allumé de grands feux. » 

Plus tard, vers 1952, on retrouva des plaques de cheminée en fonte fendues dans une maison appelée la Bonhommellerie. On pensa avoir trouvé la maison où la Pacification fut acceptée, le 18 janvier 1800, entre chefs républicains et vendéens. Or Guillaume-René Macé n’a jamais habité la Bonhommellerie, actuellement la « Maison de la Paix », rue Guillaume-René Macé.

Par les actes de vente et le premier cadastre, nous avons retrouvé les différents habitants de cette maison.

Le 14 floréal an VI soit le 3 mai 1798, François-Louis Destaigne et dame Rose-Véronique Gourdon, son épouse, acquièrent de Paul-Antoine Ollivier et de Pierre-Louis Bonomeau : « la borderie de la Bonhomellerie consistant en plusieurs maisons tant incendiées que non incendiées, jardins, prés et terre et généralement tout ce qui en dépend, située communes de Montfaucon et Saint-Germain »

Sur le plan de 1835, la Bonhomellerie apparaît, sur le plan, sous les numéros 220 (terre), 221 (pré), 222 (reservoir), 223 (maison) et 224 (jardin). François-Louis Destaigne est indiqué comme propriétaire.

Le 19 juillet 1836, Lucien Briant fait l’acquisition de la Bonhomellerie de Rose-Véronique Gourdon, veuve de François-Louis Destaigne.

Le 2 mars 1839, Charles-Léon Thenaisie père, propriétaire et Marie-Anne Douillard sa femme, achètent à Lucien Briant, la borderie de la Bonhommellerie affermée (louée) jusqu’en 1848. Celui-ci lèguera cette maison à son fils Théobald qui, à son tour, la laissera à son frère Anatole, suite à son décès en 1884. La fille de ce dernier et de Marie-Antoinette Carteau de Trallebeau, Germaine, viendra habiter La Bonhommellerie jusqu’en 1942, date de sa mort. Charles-Léon Thenaisie fils précisait que son grand-père, Pierre-Anne Thenaisie possédait la maison de Guillaume-René Macé depuis 1812, ce n’est donc pas la Bonhommellerie.

Montfaucon - maison de la paix

Alors, où se trouve la maison de Guillaume-René Macé ?

Des recherches ont été effectuées sur la maison située 1 rue St Jacques, à Montfaucon. Charles Merand, l’avait achetée à Charlotte Gadais, fille de Charles Gaillard le 10 octobre 1945. Celui-ci possédait cet immeuble pour l’avoir recueilli de la succession de sa mère qui le tenait de son frère Yves Cassin.

Le 25 août 1897, Yves et Charles Cassin achètent cette maison à Lucie Thenaisie, épouse de Penhouët. Dans cet acte, l’origine de propriété nous apprend que « Cette maison appartient à Madame Penhouët comme faisant partie du second lot qui lui est échu par suite de tirage au sort, aux termes d’un acte passé devant Me Rioch, l’un des notaires soussignés le 22 octobre 1875, entre elle et M. Louis-Arthur Thenaisie son frère propriétaire à Montfaucon, partage des biens dépendant de la succession de Arthur-Jules Thenaisie leur père décédé à Montfaucon le 29 octobre 1868 puis de Madame Marie-Anne Douillard de la Tréfavière veuve de M. Charles-Léon Thenaisie leur grand-mère décédée à Montfaucon le 27 décembre 1869...

Elle avait été acquise originairement par M. Pierre-Anne Thenaisie propriétaire et Madame Charlotte-Marie Desmelliers son épouse demeurant ville de Beaupréau de M. Pierre-Marc Ertault demeurant commune de Sucé (44) et autres suivant acte passé devant Me Gautret le 27 novembre 1812. »

Pierre-Marc Ertault est l’héritier de Marie Ertault, veuve de Guillaume-René Macé, décédée la même année. Dans son testament, Guillaume-René Macé lui laissait la maison dans laquelle ils avaient toujours vécu.

Boutillier de Saint-André écrit : « la famille Macé habitait St Jacques. Le jardin de leur maison n’était séparé que par un mur du cimetière de Saint-Jacques. » A cette époque, le cimetière se trouvait devant l’église, sur la place. En 1774, il est nécessaire de faire deux murs autour du cimetière et le séparer d’avec le jardin du sieur Macé. Cet acte confirme que la famille Macé habitait cette maison depuis au moins le XVIIIe siècle.

D’autres historiens locaux, Jules Spal, Gustave Hautreux, écrivent que la pacification fut acceptée chez Guillaume-René Macé. Quelles sont leurs sources ? Charles-Léon Thenaisie tient ses informations de Lin Barré, ami de son père, qui participa, avec Bernier, à la Paix. Saurons-nous, un jour, dans quelle maison eut lieu cet évènement ? Pour l’instant, aucun document le précise.

 

Montfaucon - maison de la paix

Photos : M. Nicolas Delahaye - Vendéens et Chouans. (Merci, Nicolas)

Article de :

Mathilde Le Scrill

Association pour la Sauvegarde

et la Promotion du Patrimoine

de Montfaucon-Montigné

Septembre 2012