Benjamin Dubois de La Patellière, originaire de Soullans, où il a laissé une grande réputation d'humanité et de courage, capitaine de la garde nationale de cette paroisse à la création. Il fut l'un des membres du conseil de guerre institué par Joly à la Mothe-Achard vers le 20 mars 1793. Il s'attacha bientôt à Charette, dont il suivit la fortune, et fut nommé par lui, commandant de la place de Noirmoutier sous les ordres du gouverneur Tinguy. Le 3 janvier 1794, il était opposé à la capitulation et proposa de se défendre jusqu'à la mort. Lors de l'attaque, il résista pendant plusieurs heures avec une poignée de braves, dont la plupart périrent en combattant.

Blessé, lui-même très grièvement, il s'était caché avec Hyacinthe de la Roberie, frère de l'aide-de-camp envoyé en Angleterre, dans une retraite qu'ils croyaient sûre ; trahi par un sieur Foré, ancien canonnier républicain, auquel il avait sauvé la vie, il fut découvert. "Je fuyais avec lui, dit Hyacinthe de la Roberie, lorsqu'épuisé de fatigue et de faim et perdant son sang, il tomba et fut massacré avant que je l'eusse perdu de vue (3 janvier 1794). Il est donc avéré qu'il ne s'acheva pas lui-même en se faisant sauter la cervelle, ainsi que le prétendent Crétineau-Joly et M. de la Fontenelle de Vaudoré.

Revue du Bas-Poitou

1892 (4e livraison)