Charles-François-Joseph BLANQUART

Avocat célèbre au conseil de l'Artois, né à Moule, et demeurant à Arras, avoit pris part en 1789 à une protestation faite au nom de la province d'Artois, lors de l'Assemblée des Notables, contre tout ce qui pourroit être entrepris au préjudice des privilèges du pays. Le proconsul Jh Lebon, envoyé par la Convention en 1793 pour ravager et ensanglanter la contrée, trouva dans cette ancienne protestation un prétexte pour en faire périr les auteurs, lorsque d'ailleurs il feroient profession de piété.

Or, l'avocat Blanquart, alors âgé de 48 ans, avoit ce tort impardonnable aux yeux du proconsul et de ses suppôts impies. "Blanquart, dit dans le même esprit le conventionnel A. B. J. Guffroy, Blanquart a été le protecteur forcené des prêtres" ; c'est-à-dire qu'animé des sentimens de la Foi, il protégeoit la religion et ses ministres. Tel est le véritable motif pour lequel Jh Lebon le fit envoyer à la guillotine, par son tribunal révolutionnaire, le 16 germinal an II (5 avril 1794), sous la vague supposition d'une "conspiration contre le peuple français et sa liberté". Ce fut après l'avoir mis à mort, que le bourreau lassé par le grand nombre d'exécutions qu'il avoit déjà faites, vint demander au proconsul de lui laisser un jour de repos, en donnant pour motif de sa demande, le besoin que le fer de la guillotine avoit d'être aiguisé, attendu, disoit-il, qu'il s'étoit ébréché en décapitant Blanquart. "Voyez donc, s'écria le proconsul, voyez comme ces aristocrates sont récalcitrans ! ils le sont même sous le fer qui abat leur têtes".