Maître de Noirmoutier,

Guerry de la Fortinière

écrivit aux habitants de l'île Dieu :

"Messieurs,

Après avoir réduit l'île de Noirmoutier, et y commandant en chef au nom de MONSIEUR, régent du royaume, je déclare, Messieurs, que, si vous ne vous rendez pas à mon ordre, je vais chez vous vous y contraindre par la force armée. En conséquence je vous invite et ordonne, aussitôt la présente reçue, de faire flotter le drapeau blanc sur le lieu le plus élevé de votre île, et de me donner en Noirmoutier trois têtes des plus notables de l'endroit pour otages et gage de votre fidélité, et cela au 26, au plus tard, de ce mois ; sans quoi craignez les suites de mon voyage. Votre conduite décidera du sort de votre île. Je vous demande, Messieurs, avec vos otages, un acte authentique, signé des principaux habitants, de la réddition. Si, comme je l'espère, vous vous rendez obéissants, je vous donne ma parole d'honneur que vous et vos propriétés seront respectés. Je vous donnerai un commandant qui veillera à votre sûreté, et vous prouvera qu'eklle est l'intention des partisans du roi. La paix, Messieurs, est notre voeu ; trouvant la paix, sous serez heureux.

J'ai l'honneur d'être, Messieurs, votre très-humble et très-obéissant serviteur.

Le Chevalier GUERRY DE LA FORTINIERE,

Commandant pour le Roi à Noirmoutier."

Les braves habitants de l'île Dieu attendirent l'exécution des menaces de Guerry, qui n'eut pas le temps d'aller les attaquer.

Extrait du livre : Pièces contrerévolutionnaires

du commencement de l'insurrection vendéenne