LE PERRIER

 

JEAN BESSEAU, du PERRIER

La paroisse du Perrier, dans le canton de Saint-Jean-de-Monts, au centre du marais, est l'une de celles qui ont le plus souffert de la révolution. Toutes ses archives ayant été brûlées à cette époque, on comprendra l'intérêt des documents que nous allons publier et qui nous donnent, à défaut de registres d'état-civil et de délibérations municipales, des noms et des faits que nous ne connaîtrions pas autrement.

La couverture du dossier porte ces mots : "Pièces contre le Nommé Jean Bezeau, Du Perrier accusé D'intelligence avec les Brigands au Bouffay Vendée."

 

I

Liberté Egalité ou la Mort

Aujourd'huis quatorze Brumaire troizième année (4 novembre 1794) de la république Sur les huit heure du soir étant à la Maison Commune ;

Devant nous pierre Raballand et pierre chartier offisier munisipal et agen national de La commune Du perrier formant seul L'assemblée municipalle, vû La difficulté qui se présantes, à Lantré de L'iver De sasemblé en plus grand nombre et La célérité de L'opération.

Sest presanté Le citoyen charles Braud agé d'environ vingt ans, Lequel à dit quétant ché Le citoyen Raballoand L'un de nous, y, est entré Le nommé Jean Beseau cultivateur de cette commune qui après avoir parlé quelque temps de chauze ju-diférante à adressé La parolle au citoyen jacque gaborit offisié municipal de La commune de Soulans refugié pour Les nuit ché Le citoyen Raballand pour évitté Le movais parti quont manqué De Lui faire Les Brigand en son Domicille au marais et Lui a dit tu n'as jamais été honnêtte homme c'est tois qui à fait Bruler Les sept journaux (maitairie), qui a conduit La troupe au St Jens de mont et à notre damme de monts, tu netois point genné à Le faire tu as quitté Le Bon dieu pour servir Le Diable en suivant Les Republicains, si tu avois fait comme mois et les autre tu ne te serois Rendu qua La fin, tu norois pas eux plus de mal que Les autre, Lecture a Lui faitte de sa déclaration il y a persisté et set sousigné sique au Registre C. Braud

s'est aussi presauté jens vrigneaud cultivateur De La commune de Salertaine agé de vingt ans Réfugié en ce Bourg acauze des exes violance et masacre que Les Brigan ont comis dans ses fojers. Lequel a dit avoir été presant aux injure que Le dit jens Beseau à proferré contre Ledit gaborit en Lui Disant heautement qu'il navoit jamais été honnette homme qu'il avoit fait Brulé Les sept journeaux, conduit La troupe à St jens de Monts et notre damme, fait Ruiné Le paye s'ens y èttre gênne, quitté dieu pour suivre Le diable en suivant Les Republicains et Les observant qu'il auroit deux faire comme Lui ne se Rendre qua Lafein, quil noroit pas eux plus de mal que Les autres Lecture à Lui faitte de sa Declaration, il y a persisté et ajoute que Ledit Beseaux a paru aplaudir au massacre que Les Brigand ont comis en La personne de René Vrignaud son honcle en disant que les Vrignaud étoit dans Lereur et a Déclaré ne scavoir signer signère au Registre chartié pour Lagent national et jamne grefier.

C'est encore presanté Le citojen charle Raballan âgé de quatorce ans, Lequel a Declaré être en sa maison Lorsque Beseau et gaborit étoit en contestation qu'il a entandu clairement qu'il a dit à gaborit qu'il n'a jamais rien vallu ni été honnettes homme, qu'il a fait Brule Les sept journeaux guidé Les Republicain qu'il auroit mieux fait de se comporte comme Lui, de ne se rendre que La fin, quil noroit pas eux plus de mal que Les autre, Lecture à Lui faitte de La declaration il y a persisté et déclaré ne scavoir signer.

Signés au Registre chartier pour Lagent national et jamme secraitaire.

a enfin comparu martin pajot cultivateur de cette commune agé de cinquante cinq ans, qui a déclaré qu'il a entendu Ledit jean Beseaux dire au dit gaborit quil s'étoit mal comporté, qu'il avoit fait Brulez Les sept journeaux et que sil navoit pas conduit Les Republicain dans Les marais de Soulans il n'oroit jamais Reussi à Le prendre ; Lecture à Lui faitte de sa déclaration il y a persisté et set soussigne au Registre   martin pajot.

Nous officiers municipaux susdits vu les déclaration cy dessus et ayant été témoins auriculaires Des faicts y contenus Lorsquil ont été prononcé par Ledit Beseau avons arraitté, qu'il seroit desuitte fait passer par notre scécraitaire expédition des presente au citojen commandanst de la place pour par Le dit commandan, sur Le veux disselle, èttre faits Les demarche quil croira à propos Ledit Raballand nayant pu signer nous nous somme avec nostres greffier soussigné, signé au registre Chartier Pr Lgt naol et james secrétaire.

pour expédition conforme au registre

james secretaire

pour copie éonforme

Simonneau président

guerry, Sre

 

II

Liberté Egalité

Challans Le 18 Brumaire L'an 3e de la République fse une et indivisible (8 novembre 1794)

Les Membres du Comité de Surveillance du District de Challans aux citoyens composant La Commission Me extraordinaire et Revre seante A Nantes.

Nous vous faisons passer copie des Denonciations faites contre le nommé Jean Besseau de la commune du Perrier mis en arrestation. Le jour d'hier ; Le comité s'est servi de l'intermédiaire de l'Agent National de la commune de l'ile de La Montagne pour vous les faire passer.

Salut Union

Et Fraternité

Simonneau président

guerry Sre

 

III

Je reconnais avoir a ma charge Le nommé Jean Bezeau De la commune De perier amené par Compiègne caporal

Nantes Le 2 frimaire L'an 3e Rep.

Laquez

gard

 

De ces trois documents il ressort que Jean Besseau, pour avoir dit ses vérités à un traître a été arrêté le 7 novembre 1794 après enquête faite le 4. Conduit à Challans, très probablement dirigé sur Nantes, accompagné du caporal Compiègne. A Nantes, il fut enfermé au Bouffay le 22 novembre. Sur le gardien Laquez (Georges), voir Alfred Lallié. On ne sait ce que devint Jean Besseau. Son langage si chrétien et si royaliste lui aura sans doute valu les honneurs du supplice.

Ch. Grelier

La Vendée Historique - 1913

Les Sept-Journaux sont une ferme de la commune de Soullans, entre les Rives et le Perrier. En 1789, ils appartenaient à un bourgeois de Paris ; M. Le Gouz de Saint-Seine. Sous le Directoire, ils furent vendus à une dame Davy, de Nantes. Le métayer des Sept-Journaux, à l'époque de la révolution, se nommait Besseau. En Fructidor an II (août-septembre 1794), il fut emprisonné avec son fils par les Républicains (Renseignements dûs à l'obligeance de M. l'abbé Mulot, de Soullans, vicaire à Saint-Louis, de Rochefort-sur-Mer).