Je me rappelle qu'un adepte, se prétendant physicien-alchimiste, présenta aux députés qui se trouvaient à Angers un bout de cuir rempli d'une composition dont la vapeur dégagée par le feu devait asphyxier tout être vivant fort loin à la ronde. On en fit l'essai sur des moutons dans une prairie où se trouvaient quelques personnes que la curiosité attira vers le lieu de l'expérience,
et personne n'en fut incommodé.

Adjudant-général Savary


Je ne saurais approuver la fabrication des piques, et j'en regrette la dépense.
J'en ai déjà soixante mille de faites qui ne serviront à rien. Je n'approuve pas plus la levée en masse. Cela serait bien dangereux à cause des subsistances et des manoeuvres. Il vaudrait mieux distribuer cette levée dans les places et les postes... des mines ! des mines à force ! des fumées empoisonnantes, soporatives ! et puis tomber dessus !... Je n'ai pas voulu qu'il y eût une plume intermédiaire; je vous prie de communiquer cette lettre au Comité de salut public, cela pourra lui fournir quelques idées.

Santerre

... Je fais tous mes efforts pour détruire ce qui attente à la liberté ; mais il y a encore des hommes humains, et, en révolution, c'est un défaut selon moi...............Il serait à désirer pour le bien, en mesure générale, que l'on envoyât près de cette armée (la sienne) le citoyen Fourcroy, membre de la Montagne, pour nous aider de ses lumières et enfin parvenir à la destruction
de ces brigands. C'est le sentiment d'un de vos collègues qui connaît son talent en chimie.

Général Rossignol

Ce que vous faites est bien beau sans doute, mais où cela mènera-t-il la Nation ? A une victoire peut-être ? Que font au peuple vos victoires qui ne terminent rien ? Il faut employer les moyens extrêmes. Vous avez à délivrer le pays d'un chancre qui le dévore. Le poison est plus sûr que toute votre artillerie.
Ne craignez donc pas de le mettre en jeu. Faites empoisonner les sources d'eau. Empoisonnez du pain, que vous abandonnerez à la voracité de cette misérable armée de Brigands, et laissez faire l'effet. Vous avez des espions parmi ces soldats du pape qu'un enfant conduit. Lâchez-les avec ce cadeau, et la patrie est sauvée ! Vous tuez les soldats de la Rochejaquelein à coup de baïonnette, tuez-les à coup d'arsenic ; cela est moins dispendieux et plus commode. Je vous ouvre cet avis, auquel j'ai fait adhérer ma société populaire, et, avec des sans-culottes comme vous, je n'ai pas besoin d'en dire davantage.

Carrier

Il n'y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'aviez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes, qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de Brigands. Je n'ai pas un
prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé. Un chef de Brigands, nommé Désigny, a été tué par un maréchal des logis. Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d'étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramide. On fusille sans cesse à Savenay ; car à chaque instant il arrive des Brigands
qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là : nous ne faisons pas de prisonniers; il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n'est pas révolutionnaire.

Wertermann