« Les habitants des campagnes vendéennes, étaient moins faciles à influencer qu’on pourrait l’imaginer. Leur soumission au maître du lieu, à leur seigneur féodal, ne se pliait pas toujours aisément à tous leurs désirs.

— A la fin de 1789, il y eut, à Maulévrier, une émeute de paysans, qui n’avait rien de politique, et qui ne prouve que mieux l’indépendance de caractère de ces hommes. — Les vexations d’agents féodaux envoyés de Paris à Maulévrier, ajoute l’auteur en citant Savary, donnèrent lieu à un soulèvement de paysans, qui menaçaient de mettre le feu au château, et qui ne furent retenus que par la prudence de l’administration du district de Cholet.

Les agents disparurent ; quatre petites pièces de canon, provenant des douze qui avaient été données en 1747, au comte de Colbert, par la République de Gênes, furent enlevées, conduites au district, le calme se rétablit. » (Histoire de Cholet, t. II, p. 141.) Le marquis de Beauvau, qui s’était déclaré pour la Révolution, ne put entraîner à sa suite, un seul de ses métayers.

Des historiens, dit M. l’abbé Augereau, curé du Boupère (Vendée), ont fait de la guerre de la Vendée, une guerre purement religieuse ; d’autres, l’ont considérée comme un mouvement tout politique et royaliste; ni l’une ni l’autre de ces opinions n’est complètement vraie, parce que toutes les deux sont trop exclusives. Les Vendéens voulaient rétablir le roi, c’est incontestable, ils voulaient conserver la religion, c’est encore certain, les uns voulaient une de ces choses plus que l’autre, on ne peut en douter non plus. Les Vendéens ne comprenaient pas que la France pût vivre sans,roi et sans religion. C’étaient les deux choses les plus en vue, la base qui portait tout le reste... La Révolution voulait tout détruire, les Vendéens prétendaient conserver tout ce qui était bon.

 (Introduction au récit de Pierre Devaud, paysan des Cerqueux de Maulévrier.)