UN GALERIEN COLONEL D'INFANTERIE ET CHEVALIER DE ST-LOUIS

CLAUDE-FRANCOIS STEVENOT, DIT "RICHARD"

CHEF DU CANTON DE PLOUBALAY-DINAN

EN 1796

Le 21 juin 1793, après avoir franchi la porte de la Corderie, la chaîne dont il faisait partie se trouva devant la longue et lugubre façade du bagne monumental, édifié moins d'un demi-siècle auparavant par l'architecte Choquet de Lindu et, sans s'arrêter à admirer les sculptures en pierre blanche qui décorent le fronton du pavillon central, elle s'engouffra sous le linteau en demi cercle de sa porte d'entrée, ornée d'une grille de chaînes, manilles et chaussettes de fer rond, comme en portaient les forçats, traversa le corps de garde et passa la porte de fer qui conduisait aux salles de force.

Après avoir été inscrit sur le volume de la matricule et reçu sa nouvelle toilette : un peu de linge, une "casaque de cordillat" et un "capot d'herbage", Stévenot subit l'opération du ferrage. Un autre galérien, expert en ces travaux, riva à l'une de ses chevilles une manille de fer, à laquelle fut attachée la chaîne dont il devait partager le poids avec un compagnon d'expiation. Immatriculé, ferré, numéroté à son "taulat", ou lit de camp, il dut pendant un peu plus de deux ans se plier, docilement ou non, aux travaux du gagne. Sa mutilation, sans doute, lui épargna les ouvrages de peine du port, et il est probable que son ingéniosité et ses connaissances lui aient valu un emploi relativement doux.

Le 31 juillet 1795, 13 thermidor III, Stévenot faussait compagnie aux argousins et gardes-chiourmes, et se débarrassant de sa manille et de sa chaîne, il échappait aux limiers attirés par l'appât de la prime que le coup de canon de l'Arsenal, signalant son évasion celui même qui a réglé si longtemps les montres des Brestois, avait lancés à sa poursuite. Après quelques semaines de vagabondage, et un séjour forcé à la prison de Saint-Servan, il venait, au début d'octobre, s'enrôler dans la division de Malo de la Baronnais, se disant évadé des geôles des patriotes, se gardant bien de préciser desquelles, et accourir de la Vendée où Charette l'avait décoré de la croix de Saint-Louis sur le champ de bataille de Cholet. On comprend les raisons pour lesquelles il cachait avec tant de soin son origine, son véritable nom et son passé. Son aplomb, son adresse à utiliser les évènements et les personnes, ses impostures auxquelles une audace et un courage indiscutables donnaient crédit, avaient assuré le succès de sa carrière. On peut se demander si l'espionne anonyme, fusillée sans jugement, de qui il prétendait tenir la preuve de la trahison de Prigent, n'était pas de la même nature que ses exploits vendéens et avait existé ailleurs que dans son imagination.

Assez embarrassés de leur prisonnier les juges royaux ne savaient quel parti tenir, le retour de l'île d'Elbe les tira d'affaire. Avant de quitter les Tuileries le gouvernement royal le fit relâcher le 19 mars. Sans perdre une minute, le colonel gagnait précipitamment le pays de Dinan, où trois mille braves, dira-t-il, accoutumés à vaincre sous ses ordres, n'attendaient que sa présence pour courir aux armes, comptant bien trouver parmi eux un asile assuré. Une dépêche télégraphique de Fouché y parvenait presque en même temps que lui et, le 26 mars il était de nouveau arrêté à Saint-Servan. Conduit à Saint-Malo, il était ramené par la gendarmerie, de brigade en brigade, jusqu'à Paris où il arrivait le 4 avril.

Fouché lui-même, autant qu'on peut se fier à ses dires, se donna la peine de lui faire subir un interrogatoire et lui proposa de servir l'Empereur, ce qui n'est pas invraisemblable, vu les procédés du Ministre de la Police, offre qu'il repoussa avec indignation et les portes de la maison de détention de la Force se refermèrent sur lui.

Le retour du Roi après Waterloo, dont il espérait sa mise en liberté, n'apporta aucun changement à son sort. Cependant ses anciens compagnons d'armes ne l'abandonnaient pas. Victor de la Baronnais, le 29 novembre 1815, lui délivrait une attestation très flatteuse de ses états de service, appuyée par le témoignage de quelques-uns des survivants de la chouannerie : Villeneuve-Bernard l'ex-général Tonton, colonel à l'armée royale, juge de paix de Pleurtuit ; André Le Saichère, capitaine ; Charles Bétaux, recteur de Languenan, chef de la correspondance de l'armée de l'Ouest et commissaire du Roi près celle de Bretagne ; de la Ville-Girouard, vicaire à Ploubalay ; le Comte Thomas de la Reignerais, ancien major à l'armée royale, chevalier de Saint-Louis ; le chevalier Le Métaër de la Ravillais, ancien officier de la division, paire de Pléhérel ; Sigismond de Gouyon, lieutenant colonel à l'armée royale, chevalier de Saint-Louis. D'autres personnages, plus puissants encore, sans doute le Comte de la Fruglaye, qui depuis Jersey, lui conservait fidèlement son amitié, agissaient près des conseillers du Roi.

Le cas de Stévenot préoccupait d'ailleurs le gouvernement, qui ne savait trop comment se débarrasser d'un personnage aussi compromettant. Le renvoyer devant les tribunaux serait courir au-devant d'un scandale, "car il ne manquerait pas, tant pour se donner de l'importance que pour susciter des préventions favorables à sa cause, de citer les noms des Princes et de hauts personnages, ce qui dans l'état actuel des choses et de l'opinion ne pourrait que produire un très mauvais effet." D'autre part, le renvoyer au bagne pour y achever sa peine serait légal, mais trop inhumain. Pour "concilier la justice avec l'indulgence", le Conseil des Ministres, le 26 juin 1816, s'arrêta à un troisième parti : celui de commuer sa peine de douze années de fer en dix ans de bannissement.

A l'audience de la cour royale réunie le 8 juillet pour l'entérinement des lettres de grâces, Stévenot, qui n'avait abdiqué aucune de ses prétentions, se présenta devant les magistrats et le public la tête haute, l'habit décoré de la Croix de Saint-Louis. Ce fut un autre scandale. Le procureur général Billard lui enjoignit de retirer cet insigne de bravoure et d'honneur, déplacé sur la poitrine d'un condamné de droit commun. Il refusa avec hauteur. "Le Comte d'Artois me l'a conféré pour mes bons et loyaux services, je l'ai payé de mon sang." L'audience fut suspendue, avant sa reprise le procureur, jugeant son attitude inconvenante pour la justice, exigea de lui une renonciation formelle à son grade de colonel et à son titre de chevalier. Ce furent de nouvelles protestations indignées : "Plutôt la mort que le déshonneur ! J'aime mieux retourner en prison que de me dégrader moi-même." Devant l'obstination de ce forçat en rupture de ban, qui refusait de paraître devant elle en coupable, la cour renonça à enregistrer sa commutation de peine et le Conseil des Ministres prit le parti de le garder jusqu'à l'achèvement de sa condamnation à Bicêtre, où l'on pourrait "par voie de police l'empêcher" de porter la croix de Saint-Louis.

On ne put cependant l'empêcher d'en faire état, non plus que de son grade de maréchal de camp, car entre temps, il s'est donné lui-même un nouveau galon. Et le 29 janvier 1817, il poussait l'inconscience, ou plutôt l'effronterie, jusqu'à écrire au Préfet maritime de Lorient une lettre de recommandation en faveur d'un de ses co-détenus, le sieur Chambreuil, condamné aux travaux forcés à perpétuité, et qu'il signait gravement : Stévenot, maréchal de camp, chevalier de Saint-Louis, rue Saint Denis, n° 25.

Pour le reste, il fut un détenu modèle et l'aumônier de la prison, l'abbé Faucon, lui accordait le 14 avril 1819 un certificat de bonne conduite : "Il a toujours donné des preuves de son attachement à la religion et au Roi ... et depuis deux ans que je fréquente la maison en qualité d'aumônier, je n'ai entendu que de bons témoignages de sa moralité."

Menacé d'être renvoyé au bagne, il ne renonçait à aucune de ses prétentions. Ne sachant comment faire taire ce prisonnier récalcitrant, qui ne cessait de faire état à tout venant des services rendus à la cause royale, de son grade et de ses relations avec les plus grands personnages, le Ministre de la guerre proposa en décembre 1817 de lui accorder grâce entière, avec défense absolue "de porter épaulettes et décorations". Ses brevets, ajoutait-il, au témoignage des experts qui les ont examinés, sont authentiques, établis il est vrai au nom de M. ... Richard, et il a profité de l'intervalle qui précédait ce nom et destiné à porter ses prénoms pour y inscrire lui-même son nom véritable, Claude François Stévenot.

"C'est à M. Richard, conclut le rapport, que le grade de colonel et la croix de Saint-Louis ont été conférés, et comme Richard a cessé d'exister avec la guerre de Vendée, ce n'est pas Richard, mais le forçat Stévenot, non libéré, qui voudrait s'appliquer un grade et une décoration incompatibles avec la position dans laquelle il se trouve." Cette exégèse subtile ne put obtenir l'agrément du Conseil des Ministres, qui refusa de faire la distinction entre le forçat et le chouan.

Dès cette époque le système de défense de l'aventurier est définitivement arrêté dans son esprit et, jusqu'à sa réhabilitation, une dizaine d'années plus tard, il ne variera plus en dépit des promesses et des menaces. Jouissant de trente mille livres de rente au début de la révolution, décidé à sacrifier ses biens et sa vie à la cause royale, il fut présenté à Louis XVI, le 29 janvier 1790, par le Duc de Brissac, pour lui proposer un plan d'organisation, et reçu du Roi le titre de colonel, commandant "le corps royal de Paris", dont l'action mystérieuse devait soutenir "le trône en échappant aux recherches des Jacobins". Sa condamnation en 1792 fut uniquement une vengeance politique. Lorsqu'il fut arrêté, il avait chez lui cent quatre-vingts fusils et quarante paires de pistolets, destinés à sauver le Roi et son auguste famille, détenus au Temple. Les vols et bris de scellés dont on l'inculpait, ne furent qu'un prétexte pour le punir d'avoir rendu service au Comte de Périgord, d'avoir sauvé des papiers importants et armé les défenseurs de la royauté. Ses exploits en Bretagne, les missions remplies pendant son séjour à Londres, ses douze blessures, car elles ont augmenté avec les années, sont les garants de sa probité et de son dévouement.

L'assurance et la persévérance avec laquelle il soutiendra cette fable et protestera de son innocence, finiront par impressionner ceux qui lui donneront audience et par entraîner à la longue la conviction des magistrats royaux. Peut-être fut-il le premier à y croire, le châtiment des imposteurs n'est-il pas souvent de se prendre eux-mêmes à leurs mensonges et de ne plus savoir démêler le vrai du faux ?

Cependant la bonne conduite du détenu et aussi les démarches des protecteurs qu'il conservait en dépit de ses impostures avérées, lui obtenaient grâce entière le 9 octobre 1822, enregistrée par la Cour royale le 23 du même mois. Dut-il à cette occasion signer une renonciation à son grade et à sa décoration, auxquels il n'a cessé de s'accrocher comme à sa seule planche de salut nous l'ignorons. Son caractère obstiné rend la chose peu probable, mais il dut sans doute se présenter cette fois sans sa croix de Saint-Louis devant la Cour pour faire entériner ses lettres de grâce. Un modique secours comme émigré rentré avec le Roi lui fut même accordé.

Le Comte de la Fruglaye, membre de la Chambre retrouvée comme député du Finistère, le rencontra en 1825 à Paris, malade ainsi que sa femme et végétant tous deux dans la plus noire misère. Emu par les malheurs de son ancien compagnon d'exil, qui, à ses yeux, restait toujours le "brave Richard", il écrivit en sa faveur le 13 mai au Ministre de la guerre, une lettre pressante, qu'il fit apostiller par son collègue le Marquis de la Boèssière, ancien commandant militaire de l'Ille et Vilaine et député de Ploërmel, se portant garant de son innocence et réclamant justice pour une victime de la plus noire méchanceté.

Après avoir point par point discuté les charges qui pesaient sur son protégé et montré la faiblesse des inculpations soumises à un tribunal nommé après le 10 août, et notoirement suspect par le jacobinisme avéré de son président Pépin des Grouhettes d'hostilité aux royalistes, il terminait par cette déclaration :

"Je viens supplier Votre Excellence de lui être secourable : Ne demandant rien pour moi, j'ai peut-être quelques titres à solliciter pour les autres. Je dois mon appui à M. Stévenot, c'est moi, Monseigneur, qui l'ai reçu chevalier de Saint-Louis, en présence du Marquis de la Boèssière, commandant des Côtes-du-Nord ; c'est moi qui rendis compte au Roi des faits d'armes honorables de ce militaire ; c'est sur mon rapport que Monsieur m'ordonna de le recevoir chevalier. Je suis certain que Sa Majesté lui fit aussi la grâce de confirmer le brevet de colonel qu'il a reçu précédemment."

"La série de tant de malheurs épouvante, j'espère que tant d'infortunes toucheront l'âme pure et généreuse de Votre Excellence et que, sous votre ministère, par vos ordres, tant d'injustices seront réparées, de bons services récompensés et des faveurs accordées à l'être qui a peut-être le plus souffert pour la cause du Roi, car l'ignominie est pire que la mort."

Cette démarche, qui fait plus d'honneur à la générosité de la Fruglaye qu'à son jugement, fut prise en considération par le Ministre Marquis de Clermont-Tonnerre, qui fit rédiger d'urgence un rapport concluant à accorder à Stévenot le traitement de réforme de son grade. Moins susceptible d'emballement, le président du conseil, de Villèle, car il est peu probable que le Roi lui-même, l'insouciant Charles X, soit personnellement intervenu, répondit : "S'en tenir à le soutenir par des secours." Sa pension fut portée à six cents francs et l'année suivante à sept cent cinquante francs.

Un autre se serait contenté de se résultat, dont les deux députés remercièrent chaleureusement le Ministre, mais c'était mal connaître Stévenot, qui reprit ses démarches pour obtenir sa réhabilitation, avec d'autant plus d'assurance, qu'à mesure que le temps faisait son oeuvre, les témoins gênants de son passé devenaient plus rares, et que de la procédure qui avait préparé sa condamnation, il ne restait aux Archives, il en était maintenant informé par ses protecteurs, qu'un dossier incomplet.

En 1829, avec le ministère du Prince de Polignac, l'émigration est au pouvoir. Charles X par sa confiance aveugle en son fidèle Jules, a perdu le peu de jugement et de sens politique que l'expérience a pu lui acquérir. Les sollicitations du "brave Richard", ses états de service certifiés par le Comte de la Fruglaye, devenu membre de la chambre des Pairs depuis 1827, ses "douze blessures", finissaient par être prises en considération. La Cour d'appel de Paris, le 15 mai 1829, après l'examen de la procédure de 1792, concluait à l'innocence du condamné et, sur la proposition du Garde des Sceaux, le Roi, le 23 juin prononçait sa réhabilitation.

Réintégré dans son grade et dans ses droits, "M. de Stévenot", colonel d'Infanterie et chevalier de Saint-Louis, qui alors habitait au numéro 6 du Quai de l'Horloge, se voyait admis par ordonnance royale du 6 juillet à réclamer le traitement de réforme de son grade. Plus fort que le galérien Vautrin, imaginé par Balzac, qui, entre autres avatars, fut aussi colonel, mais sans parvenir jusqu'à la retraite, il obtenait, le 18 novembre, la liquidation de sa pension, fixée à deux mille quatre cents francs, pour vingt-quatre années, trois mois et treize jours de services, comptés du 1er janvier 1790 au 11 mai 1814, années de bagne comprises.

La révolution de juillet respecta sa situation, mais l'empêcha d'obtenir le grade de maréchal de camp, pour lequel il était proposé et après sa mort, survenue le 27 mai 1837, sa veuve fut pourvue d'une pension de réversion de sept cent cinquante francs.

Moins de cinq ans après, il entrait dans la gloire grâce à Crétineau Joly, qui dans son Histoire de la Vendée militaire, publiée entre 1840 et 1842, écrit :

"Il apparut pendant six mois un homme, qui, dans les Côtes-du-Nord, essaya de jouer le rôle que dans le Maine avait si bien rempli M. Jacques. Cet homme se nommait Richard. Il était fils d'un meunier des environs de Reims. Afin de s'attirer l'estime des gentilshommes et la confiance des paysans, Richard se faisait passer pour un fils naturel de Louix XV. Il était beau, mais de cette beauté bourbonnienne si populaire en France. Il avait de l'adresse, de la témérité, un aplomb que rien n'aurait pu intimider.

Toujours à l'avant-garde il allait à l'ennemi la poitrine découverte. Il défiait les plus hardis. Il les tuait en combat singulier ou s'élançait parmi les républicains même sans se donner la peine de tirer son sabre pour protéger sa vie. Il prétendait être invulnérable. Le hasard fit que Richard, toujours aux avant-postes pendant l'affaire, toujours à l'arrière-garde dans les retraites, toujours offrant l'exemple d'un inconcevable sang froid, ne reçut jamais la plus légère blessure. Pour les paysans, le général Richard devint promptement un être surnaturel, les gentilshommes eux-mêmes prirent peu à peu foi en lui et bientôt il fut la Providence de tous ..."

La plupart des historiens des guerres de Vendée : T. Muret, le Vicomte P. de Pontbriand, Deniau et Dom Chamard, etc ... et tout récemment M. Gaborit, qui l'appelle "le bonhomme Richard", se sont inspiré de ce portrait pour célébrer les exploits et souligner l'invulnérabilité du général Richard. Aussi nous nous excusons d'avoir descendu de son piédestal ce chevalier d'aventures, qui passa en Bretagne comme un météore, et en rapporta six blessures, juste la moitié du nombre qu'il s'en est attribué plus tard. Il ne manquait pas de bravoure et, comme tous les irréguliers qui n'ont plus rien à perdre, il montrait dans les combats la plus folle audace et le plus souverain mépris du danger. Intelligent, adroit, cultivé, opiniâtre et énergique, il fit figure de chef et servit son parti aussi honnêtement qu'il le pouvait, inspirant autour de lui des sympathies et même des amitiés qui ne se sont jamais démenties. Les reproches de cruauté dont il a été l'objet ne sont étayés par aucun fait précis, car on ne peut faire état de l'espionne anonyme, fusillée sans jugement et dont l'existence, garantie par ses seules affirmations, reste très problématique.

Mais ses qualités furent gâtées par son manque total de scrupule, sa malhonnêteté foncière, son avidité et surtout son penchant presque irrésistible au mensonge, qui l'entraîna aux impostures les plus grossières. L'effronterie persévérante avec laquelle il les soutint, n'est pas plus surprenante que la naïveté des honnêtes gens qui s'y laissèrent prendre. Il parvint par ses supercheries à duper ses contemporains et même la postérité, qui le juge encore d'après la légende recueillie par le premier et trop crédule historien des guerres de Vendée. Notre contribution ne serait pas inutile si en dévoilant le vrai Richard elle aidait à rétablir les droits de la vérité.

Société d'Emulation des Côtes-du-Nord

Tome LXVII (1935)