Le nom de "Vendée" n'était point celui qui avait tout d'abord été mis en avant, lors de la division de la France en départements pour désigner la partie de l'ancien Bas-Poitou dont Fontenay-le-Comte était le chef-lieu, et ce fut seulement à la suite d'un calembour - et en considération de la ... laideur de deux "gros bonnets" révolutionnaires fontenaisiens - que cette dénomination fut définitivement choisie. Voici, à ce propos, la curieuse anecdote que je trouve dans la Revue de la Révolution (livraison du 5 novembre 1885, p. 399) :

Lorsque l'Assemblée constituante s'occupa de la division de la France en départements, il fallut choisir des noms pour les nouvelles circonscriptions du territoire, et l'on décida que l'on préfèrerait ceux des fleuves, rivières, montagnes et autres accidents géographiques du pays qui se classeraient aisément dans la mémoire.

Quand on fut arrivé au Poitou, les députés donnèrent bien vite au département, dont le chef-lieu devait être Poitiers, le nom de la Vienne, principale rivière qui le traverse dans une grande longueur. Vint ensuite le département dont Niort devait être la capitael et auquel on donna le nom des Deux-Sèvres, qui sont les deux plus grosses rivières de la contrée.

Enfin, il fallut baptiser les circonscriptions dont Fontenay devenait le chef-lieu, et l'on proposa d'appeler ce département : Département des Deux-Lays, qui sont les deux plus gros cours d'eau du pays. Mais deux députés de cette partie de l'ancien Poitou, MM. Bouron et Mercier, qu'on signalait comme les deux plus laids de l'Assemblée, s'y opposèrent vivement, disant que c'était vouloir les tyranniser et qu'on ne manquerait pas de dire : le département des Deux-Laids.

Le calembour fit fortune, et l'on adopta le nom si fameux de la Vendée, petite rivière sans eau une partie de l'année, tandis que le grand Lay a un assez long cours et porte même ses eaux directement à la mer.

Voilà un fait historique assez singulier et que l'on a fréquemment entendu raconter à M. Bouron lui-même, l'un des héros du jeu de mots, et qui est mort conseiller honoraire à la cour royale de Poitiers.

Petit rectificatif à cette anecdote : M. Mercier (du Rocher) n'était point député de la Vendée, mais simple membre de l'administration départementale.

 

Le Chercheur

La Vendée Historique

1898