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Fils de Gaspard-Pierre-Alexandre de Bernard, chevalier seigneur de Marigny, et de Marie-Marthe-Monique de Raymond de l'Estang, Augustin-Étienne-Gaspard naît le 2 novembre 1754, en l'hôtel des Regnon de Chaligny à Luçon, baptisé le même jour paroisse Saint-Mathurin.

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Dans les registres de la paroisse Saint-Mathurin de Luçon (1753 - janv. 1755), il existe deux actes relatifs au baptême du général de Bernard de Marigny : vue 57 pour le premier ci-dessus et vue 91 pour le second ci-dessous.

 

marigny baptême second acte

 

 

Bernard de Marigny était un cousin et un ami de Louis de Salgues de Lescure, l'épouse de ce dernier, Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein écrivit à son propos :

" C'était un fort bel homme, d'une taille élevée et d'une grande force de corps ; il était gai, spirituel, loyal et brave. Jamais je n'ai vu personne aussi obligeant : il était toujours prêt à faire ce qui'était agréable aux autres ; au point que je me souviens que, comme il avait quelque connaissance de l'art vétérinaire, tous les paysans du canton venaient le chercher quand ils avaient des bestiaux malades. Il avait une extrême vivacité, et quand il s'animait, il s'exaltait d'une manière démesurée. "

 

Augustin général

Lieutenant de vaisseau dans La Royale sous l'Ancien Régime, il prend part à la guerre de la Révolution américaine sous les ordres de Louis Charles du Chaffault de Besné et Charles Henri d'Estaing.

 

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En 1792, il choisit de défendre les Tuileries avec la garde constitutionnelle du Roi.

Chef des insurgés de Bressuire, général de l'artillerie Vendéenne. Il participe à la virée de Galerne.

Après la défaite de Cholet, Marigny fait la "Virée de Galerne" jusqu'au désastre de Savenay, où il fait preuve d'un héroïsme inouï, permettant  ainsi de sauver les "débris" de la pauvre armée vendéenne. Il procure un cheval à la marquise de Lescure, veuve du général, et lui permet de s'enfuir dans la nuit.

Fuyez Madame ! L' Armée est perdue...

Il réussit en mars 1794 à gagner la Vendée et reprendre l'attaque. En avril 1794, il se trouve à Cerizay, à Boisivray il bat une troupe de bleus, le 18,  il repousse la colonne d'Amey. Le 25,  il échoue à la Châtaigneraie.

"M. de Marigny fut nommé général de l'artillerie. Il s'entendait parfaitement à cette partie de l'art militaire: pendant la guerre contre l'Angleterre, il avait pris part à plusieurs débarquements, et il avait plus d'expérience que la plupart des officiers ; mais il s'échauffait au point de perdre complètement la tête; aussi a-t-il nui quelquefois aux succès de l'armée, à laquelle cependant ses talents ont bien plus souvent servi. Il faut encore attribuer à cette espèce d'égarement et de vertige sa dureté et son inhumanité envers les vaincus. Presque jamais il n'en épargnait aucun, quelque représentation qu'on pût lui faire; il était fortement persuadé que cela était utile au parti. Au milieu de ses cruautés, il continuait à se montrer, avec ses camarades et ses soldats, l'homme le meilleur et le plus affable; aussi était-il fort aimé; on ne pouvait s'empêcher de lui être très-attaché." — Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, Mémoires.

LA BOULAYE

 

Le 22 avril 1794, il signe un accord d’alliance avec Charette, Stofflet et Sapinaud dans les ruines du château de La Boulaye, s’engageant à ne plus agir qu’après concertation avec ses partenaires. Mais il se brouille avec le second, qui tente de le cantonner dans un rôle marginal, et il reprend sa liberté. Un conseil de guerre est alors réuni et Marigny est condamné à mort par contumace le 25 avril, Sapinaud ayant voté contre. Marigny combat alors seul les troupes républicaines, attaque La Châtaigneraie, mais il tombe malade et se réfugie au château de la Girardière, près de Combrand. Il est alors arrêté par les hommes de Stofflet,  et fusillé sur le champ, par quatre déserteurs allemands , dans le dos, le 10 juillet 1794.

Il avait 40 ans ...

MARIGNY

Cet assassinat impardonnable suscite une indignation générale et génère la désertion de milliers de paysans qui ne comprennent  ni n'acceptent que leurs chefs s'entretuent ...

Au cimetière de Combrand (79)

tombe du général

 

Ce monument est en granit, il a la forme d'une pyramide et est surmonté d'une croix de fer ; une des faces porte l'instruction suivante : Ci-gît, Augustin-Étienne-Gaspard de Bernard de Marigny, né à Luçon, le 2 novembre 1754, capitaine de vaisseau, général vendéen, chevalier de Saint-Lazare et de Saint-Louis, tué le 14 juillet 1794. - R.I.P.

Une autre face porte : Élevé au nom de l'amitié et de la reconnaissance par M. Augustin de Mont de Benque, son filleul et unique neveu, de concert avec madame la Marquise de La Rochejaquelein, veuve de Lescure, cousin et ami de Marigny. (1844)

Au Château de la Girardière

croix de Marigny

 

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C'est là et non dans l'allée du château de la Girardière que Gaspard de Bernard de Marigny fut abattu le 10 Juillet 1794 par les déserteurs allemands de Stofflet sur ordre de l'abbé Bernier. C'est ici, à gauche du château qu'il est tombé. Aucun vendéen n'ayant accepté les ordres, ils diront : "Y allons pas tirer sur l'un des nôôtes !".

(La légende de cette dernière photo m'a été transmise par "Le Loup" du blog "Chemins Secrets-Eklablog" que je remercie vivement)


Archives Nationales - Fonds Marine - MAR/C/7/26 dossier 71

AD85 - Registres paroissiaux de Luçon