Marguerite Milon

Marguerite Milon, pieuse demoiselle qui, née à Galgon, près Libourne, habitoit le bourg de Saint-André-de-Cubzac, dans le Bordelais. Quand la révolution eut enfanté la persécution, la demoiselle Milon vint demeurer à Bordeaux, où elle espéroit trouver plus de tranquillité, et en même temps plus de secours pour sa dévotion.

Elle s'y lia particulièrement avec quelques dames de la communauté du Bon-Pasteur, auxquelles, d'ailleurs, se réunissoient plusieurs personnes religieuses pour recevoir d'un prêtre catholique les sacremens de l'Eglise. S'applaudissant toutes ensemble d'un si précieux avantage, dans les temps horribles de 1793 et 1794, elles surveilloient elles-mêmes à la sûreté de ce guide spirituel, dont la tête étoit mises à prix par les persécuteurs.

Quand on le découvrit, Marguerite Milon fut dénoncée comme complice de celles qui l'avoient recelé, ainsi que l'honnête porteur d'eau qui les avoit secondées en cette bonne oeuvre. Traduite, avec ses compagnes et le vénérable prêtre, devant la commission militaire, elle y fut aussi condamnée à mort, le 16 messidor an II (4 juillet 1794). La sentence, dont on peut lire le texte même dans l'article de J Alix, atteste :

- que Marguerite Milon manifesta, devant les juges, son attachement invincible à la Foi catholique,

- qu'elle y eut, en outre, le courage de ne pas céder aux pressantes sollicitations qu'ils employèrent pour la décider à révéler les noms et les lieux où étoient d'autres prêtres, et d'autres personnes qui avoient participé aux mêmes bonnes oeuvres

- qu'en même temps, pour ne pas offenser la vérité, elle avoua connoître leur nom, leur demeure et leur asile.

Cette impie autant que barbare sentence fut exécutée dans les vingt-quatre heures. Marguerite Milon n'avoit que 37 ans, quand sa tête tomba sur l'échafaud.